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Marques
et Contrastes
auteurs: Richard Baillargeon,
Michel Campeau, Penny Cousineau, Marie Carani,
Pierre Dessureault, Evergon, Michel Gaboury, Gaétan Gosselin,
Lucie Lefebvre, Henri Robideau,
Reno Salvail, Cheryl Sourkes, Gabor Szilasi, Ann Thomas,
Katie Tweedie
distribution : SÉQUENCE ©
deuxième trimestre 1989
Qu'elles originent du faire ou
de l'analyse, la recherche et la réflexion actuelles en photographie
nous offrent la possibilité de changer notre regard et de
renouveler notre questionnement sur la notion du réel.
Lucie Lefebvre tente de recréer
«ces paysages intérieurs qui sont en nous» et
Henri Robideau utilise sa vie pour construire un scénario.
Evergon prend des photos pour garder en mémoire ce qu'il
voit et se permettre par la suite de transformer une réalité.
Ann Thomas nous parle d'une autre réalité entièrement
construite par l'artiste, d'une photographie fabriquée qui
renverserait la notion conventionnelle du réel associée
à la photographie. Penny Cousineau nous propose de regarder
entre les images et derrière les images pour voir au-delà
de ce que nous voyons. Pierre Dessureault nous dit : «On ne
trouve dans une image que ce que l'on y apporte et ajoute : pas plus
l'image que la réalité n'ont de sens en dehors d'un
regard». Katie Tweedie intervient dans le médium photographique
en s'intéressant aux formes de la représentation pour
ajouter un sens au texte ou à l'image. Michel Gaboury tente
de repenser son rapport à l'image photographique par l'écriture
et Gaétan Gosselin questionne ce qui se passe non pas à
l'intérieur de la caméra obscura mais interroge ce
qui se passe derrière et devant la caméra à
la fois. Marie Carani souligne entre autres choses que dans la production
photographique actuelle le questionnement de la représentation
passe par des mises en scène simulées qui contestent
le pouvoir suscité par l'acte photographique lui-même.
Gabor Szilasi s'interroge sur l'intervention photographique dans
un milieu étranger au photographe et pour cela il compare
les photographies du mexicain Manuel Alvarez Bravo et celles de
l'américain Paul Strand. Cheryl Sourkes emploie la matière
visuelle à partir d'un éventail d'origines variées
comme elle utiliserait le mot pour bâtir une phrase ou un
poème alors que Michel Campeau retrace les images qui l'interpellent
et celles-ci comblent la difficulté de mémoriser ses
rêves nocturnes. Pour Reno Salvail la photographie peut être
aussi un «paysage mental», phosphène pour dire
la diversité des intracomposantes de la photographie qui
deviennent métaphore.
Ce ne sont là, dans cette
présentation, que les prémices d'écrits issus
du colloque Marques et Contrastes. Ces discours entraînent
le lecteur sur une piste théorique et photographique entre
le réel et l'imaginaire : «Et si la réalité
n'était que pur objet de l'imaginaire?». Ces traces
écrites suggèrent de laisser à l'oeuvre photographique
une ouverture pour voir autrement.
Lise Clément, assistante
à la production.
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