Images sonores

de Robin Dupuis et Myriam Bessette
distribution : SÉQUENCE
© 2003

Depuis quelques années, l’accessibilité aux nouvelles technologies et le développement performatif de ces outils de production d’images et de sons permettent aujourd’hui aux artistes, appelés jadis artistes de la vidéo, d’entretenir un rapport plus étroit, plus direct et plus quotidien avec ces puissants appareils de production. Issus de cette génération de créateurs, Myriam Bessette et Robin Dupuis créent des images-mouvements dont le support ne définit plus le contenu, où les genres foisonnent, s’entremêlent et où la forme métissée allie structure filmique, enchaînement musical et rythme télévisuel. Ainsi, dans l’atelier remodelé en laboratoire, les créateurs sondent un univers électroacoustique et visuel de l’ordre de l’expérimental.

L’exposition Images sonores rend compte de deux méthodes qui, tout en étant personnelles, abordent la sonorité des médias numériques et explorent l’interaction entre l’objet électronique et le spectateur (récepteur). Les pièces, construites d’éléments vocaux, viennent alors rythmer une confrontation émotive et physique. De l’ordre de l’expérience sensorielle, leurs Images sonores explorent donc la relation qui s’établit entre le spectateur et les objets électroniques et cette corrélation s’inscrit intentionnellement dans leurs recherches.

nous ne procédons pas d’une intuition créatrice,
mais de la construction rationnelle d’éléments émotifs(1)

Dans Pernutation, une des images sonores de Myriam Bessette construite à partir d’échantillonnage de sa voix et de dessins numérisés, l’artiste introduit une énergie cinétique afin de plonger le spectateur dans un échange sensoriel et intime. Ce travail propose une mise en séquence de formes concises dans un espace immersif.

Dans Itérative, Robin Dupuis poursuit un travail initié avec Démarche, présentée à la Galerie Optica de Montréal à l’hiver 1999. Le corpus Démarche | Captive | Missive | Itérative découle du déplacement rythmique et physique d’objets sonores et de leur impact sur la perception physiologique. À la fois minimalistes et complexes, ces Images sonores sillonnent les limites de la réception esthétique.

Entre l’abstraction et le figuratif, cette exposition est une rencontre avec des démarches qui concourent à une recontextualisation de la proposition esthétique des arts médiatiques au Québec.

Note
(1). Sergei, Eisenstein (1968), Cinéma soviétique.