|

Eclipses
et Labyrinthes
de Michel Campeau
auteurs : Jean Arrouye, Elizabeth Wood
distribution : SÉQUENCE ©
troisième trimestre 1993
Pour un
lieu de diffusion en art, la publication d'un catalogue demeure
la meilleure façon de mettre à jour une réflexion
sur un corpus de travail d'un artiste. Et, qui plus est, il laissera
sa trace dans le temps.
Séquence retire d'une
telle connivence -qui, je le souhaite, sera partagée par
les lecteurs ou les regardeurs des séquences photographiques
d'Éclipses et Labyrinthes- la prérogative
de mieux investir l'oeuvre autobiographique de Michel Campeau. La
commande faite aux auteurs et auteures demandait une grande sensibilité
d'interprétation des signes, se ralliant à cette émotion
d'un coup de coeur que j'ai eu pour ce travail. A première
vue, ces images semblent ordinaires; elles ne laissent apparaître
aucun de ces lieux identifiables à nos vies, mais elles nous
ressemblent dans des moments choisis de notre existence. D'une boulimie
d'images par laquelle nous sommes constamment interpellés,
il est rassurant de voir dans cette oeuvre des représentations
qui n'ont qu'une seule prétention, celle du conscient et
de l'inconscient du poète qui -comme il le précise- expérimente la création comme autant de coups de
sonde dans l'univers étrange des coïncidences.
Jean Arrouye dit de sa pratique
photographique qu'elle est emblématique et connotative; elle
sollicite autant l'émotion que l'imagination, la mémoire
que l'intelligence. Photographie qui favorise l'ombre, car, dans
l'ombre, les choses se devinent plus qu'elles ne s'exposent, éveillent
le désir, suscitent la passion, émeuvent l'inconscient.
Elizabeth Wood répond
à l'oeuvre avec révérence : «Tes images
exigent à la fois notre vie et notre mort, elles engagent
le futur». Elle établit une correspondance poétique
avec le poète photographe. Elle glorifie et condamne, provoque,
enrage et caresse. Elle est profondément émue.
La cadrature de l'édition
d'un ouvrage implique un travail de collaboration entre auteurs,
artistes et producteurs. Pour sa grande complicité, je voudrais
remercier tout spécialement Michel Campeau, maître
d'oeuvre de cette publication et Richard Baillargeon pour ses judicieux
conseils. Je voudrais également témoigner toute ma
reconnaissance aux auteurs Elizabeth Wood, et Jean Arrouye, qui
malgré la distance, a été un collaborateur
très estimé.
G. S.
|