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Animose
de Greg Staats
auteur : François Dion
distribution : Gallery TPW, Galerie 101, SÉQUENCE ©
2002
La série Animose
résiste à tout exercice de classification ou de
typologie. Le récit visuel, dans sa composition, laisse une
large place au hasard des rencontres, sans toutefois répondre
à l'attrait de l'inusité ou de l'anecdote. C'est une
photographie qui ne partage rien avec le voyeurisme. Elle ne cherche
pas non plus à mettre en place un lexique, pas plus qu'elle
n'esquisse les paramètres d'un ordre particulier. Il semble
que ce travail soit attentif au continuum qui tisse les éléments
et les événements du monde. La suite des images s'accommode
ainsi d'une certaine dose de répétition et d'un effet
d'accumulation. D'ailleurs, Staats lie cette manière de faire
à l'idée de cérémonie. Dans l'application
de ses fonctions, la répétition photographique emprunte
aux qualités mnémoniques de la tradition orale, à
la transmission «rituelle» des connaissances par l'histoire,
par le conte, par le récit. Paradoxalement, cette parenté
réintroduit l'élément du langage que le récit
visuel de Staats se proposait de remplacer. Mais ce rituel, ne l'oublions
pas, commence dans l'étape initiale de l'acte que j'appellerais
une errance, parce qu'elle est soucieuse, intéressée
et motivée, et trouve son sens peu à peu, dans et
avec une présence répétée. La motivation
de Staats, bien différente de celle du flâneur qui
avance sans but précis, est initialement engagée.
Son action, bien qu'indéterminée, ne s'interrompra
que lorsqu'elle aura fait une rencontre signifiante, et cet arrêt
sera bien court, le temps d'une pose. Son action est une quête
continue dont les traces, les photographies, réfutent les
limites du «ça a été» pour insister
sur la persistance de présences dans et hors de l'image.
Elle s'oppose ainsi à la mortalité en répétant
l'acte lui-même, en recommençant, en remettant ça,
comme une «compulsion essentielle».(1)
François Dion
Notes
(1). Philippe
Dubois, L'Acte photographique, Éditions Labor, Bruxelles,
1988, p.154
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