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Aire
de trans-site S76 / S74
de Daniel Dutil
auteurs : Claire Gravel, Sylvain Campeau
distribution : SÉQUENCE ©
deuxième trimestre 1995
Les textes des auteurs Claire
Gravel et Sylvain Campeau sur l'oeuvre Aire de trans-site
S76 / S74 ont été produits à la suite
de la présentation de l'installation à Galerie Séquence,
en avril 1994. L'oeuvre, par son interaction, était
en accord avec notre environnement immédiat, c'est-à-dire
qu'elle touchait exactement à ce qui fait la singularité
de notre centre : artistique, géographique, sociologique, historique...
L'art devient ainsi conscience du territoire.
Certains diront que le travail
de Daniel Dutil est à la limite du photographique, alors
si ce sont ces limites qu'il faut se donner, tant mieux, car elles
nous amènent à vivre une nouvelle expérience
où est questionné tout notre apprentissage de l'image
photographique et de ses effets de réel. L'acte de faire
l'image a pris, dans cette installation, tout son sens. Le construit
et le reconstuit se sont affrontés dans les murs défaits
et refaits, pour dévoiler les deux faces d'une même
réalité. L'oeuvre montrait le squelette de la représentation
photographique.
Outre le social et le territorial
du site, divers matériaux ont contribué à la
réalisation de l'installation. La lumière est depuis
plusieurs années le matériau que l'artiste prévilégie.
Dans ces expositions précédentes : Pierre(1976),
Barrières(1980), Traverse, CN au CNE au CN au CNE...(1982),
Dérive, la traversée 10 degrés plus à
l'Est(1984), RESsources, aire de réflexion(1988),
comme dans les expositions Aire de transit(1992) et Aire
de trans-site S76 / S74(1994), la lumière occupe et modèle
l'espace. Elle est matière et énergie. On vit dans
la lumière et on l'oublie très souvent, les ombres
sont là pour nous la rappeler. C'est également l'une
des composantes les plus importantes de la photographie.
Dans Aire de trans-site
S76 / S74, pour que l'image projetée par la lumière
soit plus visible dans l'espace et qu'elle se propage par réflexion
dans le lieu, l'obscurité et le plexiglas ont également
servi de matériaux. Ainsi, la projection de la représentation
dans l'espace nous mettait en présence de l'effondrement
des modèles à voir et à connaître. Cette
éjection était aussi un exercice de signifiance et
de connaissance. Le processus par lequel le sens nous était
donné se manifestait symboliquement. Ainsi, l'oeuvre existait
dans le point de rencontre où l'observateur entrait en scène,
s'interposait et vivait l'«art».
G. S.
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