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En
galerie 22.08.03 - 03.10.03
En ligne 22.08.03 - 31.12.03
Commissaire : Valérie Lamontagne
Les
uvres présentées dans FLOW / COURANT
sattardent à la notion de mass medias et
à ses formes de communication par rapport au
développement artistique sur le Web. FLOW / COURANT
met laccent sur des artistes qui utilisent la
diffusion de linformation sur lInternet
dans une diversité de propositions artistiques.
Dans
certaines uvres, le réseau de renseignements
entrecroisés du Web agit comme catalyseur dexpression
artistique. Numbers/Numéros de Michelle
Kasprzak est une exploration du concept de message codé
sur le Web prenant la forme dune chasse au trésor,
alors que locale(), de Steve Helsing et de Marcelo
Coehlo, cartographie de façon graphique les emplacements
géographiques du public en ligne. Dautres
uvres présentent un environnement poétique
dans lequel linteraction du spectateur en détermine
directement les déploiements. Leaves/Feuilles
de Justin Kok, un paysage activé à laide
du clavier et illustrant les changements de saisons,
et Purblue de Yan Breuleux, une étude
monochrome en bleu sur les disruptions sonores et les
vagues, permettent toutes deux aux spectateurs de participer
au résultat de luvre. Finalement,
Les Petits dénominateurs communs de Jean
Dubois et de Chloé Lefebvre composent une série
de tableaux interactifs, faits à partir de la
vidéo, qui nous invitent à contrôler
virtuellement le courant des animations.
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| SÉLECTION
DE FLOW / COURANT |
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Purblue
Yan
Breuleux
Purblue
est une étude en bleu monochrome sur les
perturbations sonores et les vagues. Symbolisant
lécran bleu «vide» de
nos téléviseurs ou de nos écrans
vidéo, le bleu est un espace «intermédiaire»
en attente dêtre rempli par la technologie.
Ce vide est ici activé par des perturbations
contrôlées par le clavier et qui
constituent une série de boucles (ou de
vagues) danimations et de sons programmées
à lavance, mais auxquelles on accède
au hasard. Fondée sur les expérimentations
chromatiques de peintres modernistes comme Yves
Klein, Barnett Newman et Mark Rothko, Purblue
échantillonne une série de variations
graphiques sur le thème du «bleu»,
explorant texture, forme, motif et juxtaposition.
La composante sonore de luvre diffuse
les problèmes techniques et les signaux
des détritus oraux de la technologie. Ces
boucles sonores évoquent une forme dexploration
à la John Cage dans laquelle le bruit est
extrapolé dans ses menus détails
pour en atteindre lessence et ainsi offrir
un point de vue pénétrant sur la
notion de temps. David Toop note que «la
musique est intimement liée aux perceptions
humaines du temps et de sa segmentation. Le temps
se déploie, apparemment vers lavant,
mais aussi de côté et par cycle,
et la perception du temps est subjective, de même
que quantifiable.»[1] Purblue nous
invite à méditer sur la notion despace/temps
telle que contenue dans ses boucles audiovisuelles
à travers lesquelles circule cette étude
épicycloïdale sur le «bleu».
1.
David Toop, «Life in Transit», Sonic
Process (Barcelone: Museu dArt Contemporani
de Barcelona, 2002), 64. [Notre traduction.]
Yan
Breuleux
Né
et vit à Montréal. Breuleux détient
un baccalauréat en arts visuels de l'Université
du Québec à Montréal et poursuit
présentement une maîtrise en design
à l'Université de Montréal.
Performeur vidéo dans des dispositifs immersifs,
il a diffusé ses oeuvres lors des festivals
Transmediale (Berlin, 1999) et ISEA (Paris, 2000;
Nagoya, 2002), et exposé ses oeuvres Web
au Musée national des beaux-arts du Québec
(2002), au Musée de Rimouski (1999), ainsi
qu'au New Museum of Contemporary Art (New York,
2001).
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locale()
Marcelo
Coelho
+ Steve Helsing
Le
terme «cyberespace», introduit par
William Gibson dans son roman de 1984 intitulé
Neuromancer, renvoie à un espace
numérique et navigable composé dordinateurs
en réseaux et accessible grâce à
des pupitres de commande dordinateurs. Locale()
est une uvre générative qui
dessine graphiquement les emplacements géographiques
de ces lieux en rhizome. Après avoir soumis
un URL de son choix au moteur de recherche de
locale(), on voit apparaître le réseau
tentaculaire qui existe entre cet URL original
et tous les sites Web qui lui sont reliés.
Une interface flash navigable du globe terrestre,
et donc du cyberespace, nous permet dexplorer
plus à fond ces parcours de connexité.
Locale() met en lumière des enjeux
liés à la discrétion géographique
et identitaire au sein de la géographie
fluide et construite du cyberespace. Dans leur
définition des qualités du cyberespace,
Martin Dodge et Rob Kitchin avancent que «lespace
ne constitue pas une géométrie neutre
et passive, mais est plutôt continuellement
générée par des relations
socio-spatiales; la relation entre lespace,
les formes spatiales et le comportement spatial
nest pas subordonnée à des
lois spatiales «naturelles», mais
est le produit de relations culturelles, sociales,
politiques et économiques; lespace
nest pas essentiel mais construit et produit»[1].
Lusager de locale() vit un moment
démerveillement, alors même
quil dresse une carte des nuds entrelacés
de lInternet et quil réalise
le peu de distance qui le sépare de tous
les sites sur la planète.
1.
Martin Dodge et Rob Kitchin, Mapping Cyberspace
(New York et Londres : Routledge, 2001), 29. [Notre
traduction.]
Marcelo
Coelho
Né
à Campinas, au Brésil, vit à
Montréal. Coelho a un bagage professionnel
varié, allant de la réalisation
de films de rue à São Paulo à
la programmation de disques rigides à Montréal.
Il a étudié l'histoire à
l'Université de Campinas et le cinéma
à l'Université de São Paulo.
Il complète présentement un baccalauréat
en arts plastiques, spécialisé en
images et sons numériques, à l'Université
Concordia. Depuis son arrivée au Canada,
il a travaillé comme correspondant, designer
et programmeur indépendant. Son travail
a été présenté à
la Société des arts technologiques
(Montréal, 2003), SIGGRAPH (San Diego,
2003) et sur le site Web de Rhizome.org.
Steve
Helsing
Né à Vancouver, vit à
Montréal.Helsing détient un diplôme
en création littéraire et un autre
en arts plastiques du Langara College à
Vancouver. Il complète présentement
un baccalauréat en arts plastiques, spécialisé
en production de film, à l'Université
Concordia; il est également coureur de
fond. Durant ses loisirs, il travaille avec les
graphiques de JAVA et souhaite élaborer
un portfolio d'images et d'animations générées
à partir de codes. Ses oeuvres ont été
présentées à Montréal
à la Société des arts technologiques
(2003), à la Galerie Leonard et Bina Ellen
(2003) et sur le site Web de Rhizome.org.
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Les
Petits dénominateurs communs
Jean
Dubois + Chloé Lefebvre
Les
Petits dénominateurs communs (LPDC)
est une série de tableaux interactifs basés
sur la vidéo, qui sera présentée
au cours des prochains mois et qui nous invite
à contrôler virtuellement le «courant»
des animations. Dans LPDC, les clips saccompagnent
de jeux de mots pour nous offrir un aperçu
de lunivers humoristique dans lequel se
manifeste la complicité créatrice
des artistes tentant de communiquer avec nous
et entre eux au moyen de limage sur lécran
(capture vidéo, transmission Internet,
écran de lordinateur). Jean Baudrillard
exprime ainsi la réunion corps/écran
: «À limage de la télévision,
le plus bel objet prototype de cette nouvelle
ère, lunivers qui nous entoure et
nos corps mêmes deviennent des écrans
de surveillance.»[1] Les animations sont
présentées dans une boucle interminable
dans laquelle nous sommes témoins de la
tâche répétitive des artistes
tentant de gonfler des ballons. La boucle comme
forme est propre à limage en mouvement
et à lordinateur. Selon Lev Manovich,
«il est pertinent de rappeler que la boucle
(la bande de pellicule] a donné naissance
non seulement au cinéma, mais aussi à
la programmation. La programmation comporte une
modification du courant linéaire des données
par des structures de contrôle, tels que
«si/ensuite» et «répéter/pendant»;
la boucle est la plus élémentaire
de ces structures.»[2] LPDC illustre
donc le courant filmique/informatique dans une
interface ouverte et ludique qui montre les gestes
posés dans lintimité par ses
créateurs.
1.
Jean Baudrillard, Lautre par lui-même
(Paris : Galilée, 1987).
2.
Lev Manovich, The Language of New Media
(Cambridge, Mass., et Londres: The MIT Press,
2001), 317. [Notre traduction.]
Jean
Dubois
Né
à Sherbrooke, vit à Montréal.
Il a étudié les arts visuels à
l'Université du Québec à
Montréal, à la Jan Van Eyck Academie
et à Paris VIII. Il réalise des
installations vidéo interactives qui abordent
les relations interpersonnelles. On a vu son travail,
à ISEA (Nagoya, 2003), à la Galerie
de l'UQAM (2002), au Casino Luxembourg (2001)
et au Musée de Joliette (2000).
Chloé
Lefebvre
Née
et vit à Montréal.Lefebvre détient
un baccalauréat en arts plastiques de l'Université
du Québec à Montréal. Son
travail est caractérisé par une
attitude ludique, un émerveillement enfantin,
un esprit festif. On a pu voir son travail, entre
autres, à L'Art qui fait boum! (Montréal,
2003), au Symposium international H2O Ma terre
à Carleton (2002) et au Salon de l'Agglomérat,
à la galerie Clark (Montréal, 1999).
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Numbers/Numéros
Michelle
Kasprzak
Explorant
la notion de chiffrement sur Internet, Numbers/Numéros
nous inscrit dans une chasse au trésor
pour découvrir une série de messages.
Une fois la semaine durant toute lexposition
(22 août-5 octobre 2003), lartiste
affichera un nouveau message audio sur son site
Web, message qui doit être déchiffré
à laide du chiffre de Vigenère,
une forme légère de chiffrement,
afin dêtre compris. Lart de
la cryptographie savère dune
actualité résonnante au sein des
technologies de communication, de la radio à
ondes courtes à lInternet. Lélégance
mathématique utilisée en cryptographie
sapparente à celle du code informatique
dans lequel un langage logique a une fonction
et un sens supérieurs à ce quil
nen paraît en surface. On a beaucoup
entendu parler, à la fin des années
1980 avec la culture des pirates informatiques
(hackers), du défi et du jeu qui consiste
à décrypter les codes informatiques.
Bruce Sterling en donne cette description : «Le
piratage peut décrire une volonté
de rendre laccès aux ordinateurs
et à linformation le plus libre et
ouvert possible. [
] Le piratage peut comporter
la conviction sincère quil est possible
de trouver de la beauté dans les ordinateurs,
quune esthétique élégante
dans un programme parfait est capable de libérer
lâme et lesprit»[1]. Lintention
derrière un projet comme Numbers/Numéros
est de fournir une occasion dinteraction
entre le public et lartiste, dans laquelle
nous prenons part au décodage fascinant
dun récit «secret».
1.
Bruce Sterling, The Hacker Crackdown: Law and
Disorder on the Electronic Frontier (New York,
Bantam Books, 1992), 51. [Notre traduction.]
Michelle
Kasprzak
Née
à Hamilton, en Ontario, vit à Montréal.
Kasprzak détient un baccalauréat
en arts plastiques, spécialisé en
nouveaux médias, de l'Université
Ryerson et amorcera une maîtrise en arts
visuels et médiatiques à l'Université
du Québec à Montréal à
l'automne 2003. Elle s'est mérité
le prix «Emerging Electronic Artist»
d'InterAccess (Toronto, 2001), et son travail
a été présenté au
Musée des beaux-arts de l'Ontario (Toronto,
2001), au DigiFest (Toronto, 2002) et au Dutch
Electronic Art Festival (Rotterdam, 2003).
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Leaves/Feuilles
Justin
Kok
Avec
Leaves/Feuilles, nous pénétrons
un paysage mutable dans lequel les changements
de saisons (printemps et automne) sont déclenchés
par notre interaction. Cette uvre activée
par clavier nous permet de «jouer»
avec une série danimations par lesquelles
nous enclenchons la croissance féconde
dune vigne ou la danse des feuilles mortes
dans lair. La dimension auditive de luvre
des sons puisés dans le paysage
sonore de la nature/culture/technologie : modems,
télécopieurs, piano et sifflements
du vent fait écho aux turbulents
mécanismes internes de cet environnement
numérique/naturel. Sur la relation symbiotique
qui existe entre la nature et la technologie,
Jonah Brucker-Cohen écrit : «La technologie
participe non seulement à la diffusion
de linformation et du sens dans lespace
et le temps, mais offre aussi un point de vue
sur lhybridation du naturel et de lartificiel.»[1]
Leaves/Feuilles incarne cette hybridation
et fait appel à notre action comme catalyseur
du mouvement de la nature, mettant ainsi en relief
le rôle complice que nous jouons dans la
survie ou la défaite de la nature.
1.
Jonah Brucker-Cohen, «New Media Meets the
Environment», à <http://www.greenmuseum.org>,
2003. [Notre traduction.]
Justin
Kok
Né
et vit à Montréal. Kok a commencé
à étudier les arts numériques
au Collège Vanier et étudie présentement
les arts graphiques à l'Université
Concordia où il complète un baccalauréat
en arts plastiques. Son travail a été
présenté auparavant à Montréal
à la Société des arts technologiques
(2003). Il s'inspire de la simplicité du
quotidien et s'intéresse donc à
une approche minimaliste de l'art.
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Valerie
Lamontagne
Née
et vit à Montréal. Lamontagne détient
un baccalauréat et une maîtrise en
arts plastiques de l'Université Concordia
où elle enseigne présentement au
programme d'images et sons numériques.
Ses projets de commissaire d'art Web comprennent
Emplacement/Déplacement au New Museum of
Contemporary Art (New York, 2001); Matière+Mémoire
présenté avec MobileGaze (Montréal,
2002) et Ellipse au Musée national des
beaux-arts du Québec (2002). Elle est cofondatrice
de MobileGaze, un site d'art.net présentant
des oeuvres et des entrevues avec des artistes
et des producteurs de médias numériques.
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