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Emanuelle
Schmitt
Regards
Du 13 janvier au 16 février 2000
Comme dans ses autres travaux, dans le corpus
Regards d'Emmanuelle Schmitt, le sujet
est la représentation photographique et ce qui est le plus
près d'elle et de son identité.
«Le souvenir est le fil rouge de mon travail.
Chaque série prend prétexte à une interrogation
du médium pour explorer la mémoire photographique
de ma famille.»
La série Regards propose
une relecture de l'album de famille à travers le prisme de
l'appareil photo. Les images sont introduites dans le viseur, et
re-photographiées. Le jeu de miroir donne l'impression d'un
déroulement sans fin de l'image. Un recommencement infini,
accentué par la mixité des générations
représentée et l'abolition de la donnée temporelle
: sur les images j'ai le même âge que ma mère
ou que ma grand-mère.
Cette démarche suscite des questionnements
sur les automatismes mémoriels qu'enclenche la photographie.
Ces interrogations nous ramènent, bien sûr, à
Roland Barthes et La chambre claire. Celui-ci a su, comme nul autre,
donner un aura de sens et de symbolisme à l'image photo.
En regard, entre autres, du «ça
a été» fondateur de toute photographie et du
travail de l'artiste; il nous suffit de faire la même cueillette
d'images et nous verrons ainsi poindre une génétique
du temps tout à fait originelle. N'y aurait-il pas dans ce
«feuilleté» de continuité un «ça
a été» de notre propre conception? C'est du
moins ce que Serge Tisseron tente à démontrer dans
Le mystère de la chambre claire. Il y aurait un prolongement
inconscient du «ça a été». En m'appuyant
sur une observation de Freud -la seule où il soit question
de photographie- j'ai proposé que toute photographie rentre
en résonnance pour son spectateur avec un événement
dont la représentation est fondatrice, à savoir le
moment de sa conception par son géniteur. Ce moment est en
effet pour chaque être humain le seul dont il ait été
irrémédiablement absent et le seul pourtant dont la
représentation lui soit absolument indispensable.(1)
Notes
(1).
Serge Tisseron, Le mystère de la chambre claire, Ed.
Champs Flammarion, 1996, p.42.
Notes biographiques
EMANUELLE SCHMITT est née à Strasbourg (France).
Elle vit et travaille à Paris. Un corpus de travail a
déjà été présenté
au Québec dans l'exposition Tout 1 chacun à VU
en 1997.
Nous remercions le Consulat Général
de France à Québec pour sa généreuse
participation à la venue de l'artiste à SÉQUENCE.
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