©Éric Raymond

Éric Raymond

Lanternes - Lighthouses

Du 19 octobre au 19 novembre 2000

«Ma recherche n'est pas celle d'un photographe au sens strict du terme mais fait plutôt partie d'un mode d'interrogation portant sur l'image de nature photographique c'est-à-dire captée, reproduite par la lumière et référant à ce monde dont elle extrait un fragment. C'est en ce sens que j'exploite autant la prise de vue avec appareil photo ou par caméra vidéo, que j'utilise parfois des images d'objets numérisés directement à la surface d'un «scanneur». L'image m'intéresse en tant qu'objet lié à un mode d'appréhension du réel qui s'inscrit dans un questionnement sur le langage et le sens pris dans leur acception la plus large.

Depuis les années 80, mon travail s'est préoccupé de problèmes liés à la compréhension que nous avons du monde et de la transposition que nous en faisons par les moyens du langage et des images. L'apparente hétérogénéité à mes travaux précédents: Le Bestiaire Figuré 1984-1994; À la manière des Romans 1991-1996 et Lanternes sont liés à l'aspect combinatoire des figures de rhétorique (métaphore, métonymie, etc.) qui permet d'évoquer un objet par l'intermédiaire d'un autre et d'en faire glisser le sens par un pont jeté entre le langage visuel et le langage verbal. C'est par leur mise en relation avec les qualités plastiques de la photographie et de la vidéo que je cherche à faire nouer le spectateur avec un univers à la fois poétique et conceptuel.

Depuis deux ans, je poursuis la réalisation d'un ensemble de pièces nommées Lanternes qui vise à établir une relation de continuité entre le meuble et le paysage. De façon générale, le travail se présente sous la forme d'objets photographiques (boîtes lumineuses) ou vidéographiques construits à la manière de meubles en bois laqués d'une géométrie suggestive et étrangement familière. Ces éléments intègrent des images «cibachromes» translucides, des éléments sonores et/ou des tubes de moniteurs vidéo qui induisent des relations entre l'objet et les images ou sons qu'ils abritent. Cette mise en relation du photographique, du sonore et du sculptural invite à réévaluer la dimension métaphysique entre les images et les objets, entre le langage et les choses. Elles évoquent ce lieu où se tissent et se défont les liens qui unissent le visible et ce qui peut-être dit, révélant plus que jamais la réalité comme reflet et construction».

Notes biographiques

Artiste médiatique, ÉRIC RAYMOND est aussi auteur, conférencier et commissaire. Il a présenté ses travaux en France, en Angleterre, au Danemark, en Californie, au Canada et au Québec. Il collabore régulièrement à la revue Etc, Parachute... Depuis 1996, il est professeur au Département d'arts plastiques de l'Université du Québec à Montréal.