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©Jean-Philippe Lemay
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Jean-Philippe
Lemay
Procédé
et perception
Du 7 mars au 7 avril 2002
Procédé et perception s'inscrit en continuité, par son approche du photographique,
à l'exposition De la construction... des images que
nous présentions en novembre 2001. Il faut y voir surtout
un rapprochement entre le travail de Steve Leroux et celui de Jean-Philippe
Lemay. Tous deux utilisent le principe du sténopé,
donnant comme résultat, une image aux contours déformés
et flous, comme si les surfaces laissaient transparaître la
brume du temps, pensons à cet effet de sfumato qu'a développé
Léonard de Vinci dans ses paysages. Alors que chez Leroux,
les lieux photographiés en contre plongé, imprimé
en noir et blanc, se prêtaient bien à la technique
utilisée, il en est autrement dans le travail de Jean-Philippe
Lemay.
Ici, il est question de la ville, d'une trace de l'urbanité.
L'usage d'une émulsion liquide, le Van Dyke Brown, sur papier
chiffon, teinte les images en sépia, créant ainsi
un fort contraste entre le sujet et sa représentation. La
forme de la caméra sténopé utilisée,
accentue non seulement l'effet de distorsion des clichés
mais également celui de la perception du regardeur. Nous
nous attardons d'abord à cette teinte du temps d'avant la
photo couleur puis, le sujet se laisse deviner par fragments, là
des éléments architecturaux, ici des formes reflétant
le progrès dans un paysage désertique. Les photographies,
par leur rendu esthétique, paraissent dater d'hier et pourtant
les sujets demeurent des plus contemporains.
Il est intéressant de constater que, malgré le numérique
et la capacité de trafiquer les images offertes par certains
logiciels, des artistes, en l'occurrence de jeunes photographes,
se tournent vers des procédés anciens afin de revenir
à l'essence même du principe photographique : une boîte
avec une seule petite ouverture laissant passer un rayon de lumière
et un support sensible.
Comme nous l'avions mentionné pour la construction des
images, il est également question de fabrication, tant
mentale que matérielle car, bien avant d'appuyer sur le déclencheur,
l'opérateur cadre mentalement le sujet, anticipe même
le résultat. Jean-Philippe Lemay imagine, fabrique et varie
la forme des camera obscura en fonction du sujet à piéger
dans la boîte noire.
Notes biographiques
JEAN-PHILIPPE LEMAY vit à Lanoraie et travaille à
Montréal. Jeune bachelier en arts visuels de l'UQAM (1999),
il recevait en 2001, le Prix artiste de la relève lors du
concours Grands Prix Desjardins de la culture de Lanaudière.
Artiste émergent, il a à son actif quelques expositions
solos dont Perception C présentée à
Vu en 2000 et plusieurs présentations collectives notamment
au Musée de Joliette et à la Galerie de l'UQAM.
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