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©Pascal Grandmaison

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Pascal
Grandmaison
23.01.04 > 05.03.04
Empruntant
chez Warhol, jouant dans la cour de la publicité, les oeuvres
de Grandmaison jouent la carte de l'intertextualité et questionnent
la valeur des images, leur sens, le regard qu'on porte sur elles.
Séquence présente dans ses espaces deux oeuvres reliées
à l'effort physique, à ses conséquences. Des
oeuvres qui sont liées à l'expression du frénétique,
mais qui en révèlent l'après-coup dans un calme
singulier. Des images d'objets associés à la vitesse,
au mouvement, sont ici livrées dans une lenteur, une langueur
plutôt inattendue, mais efficace.
Une
série de photographies intitulée Manner dévoile les traces de nombreuses heures de service de peaux
de drums. Ce sont des portraits de batteurs. Des portraits
non pas de leur visage mais des gestes trahissant leur concentration,
leur façon d'exprimer le rythme, leur personnalité.
«Leurs dessins et les formes abstraites sortent directement
de ce que le drummer pense et de ce que le rythme, la musique
transmet. C'est comme être devant quelqu'un.» (P. G.)
Dans
l'autre salle, on retrouve une vidéo de jeunes visages. Le
cadrage y est très serré, on ne les voit jamais en
entier. Suspension du contexte. Rien en général mais
tout en particulier: des textures, des points, des taches, des
rides naissantes, des couleurs. Impassibles, voire inexpressifs,
les visages semblent privés d'émotion. La caméra,
elle, tremblote. Elle suit un parcours saccadé, du sommet
du crâne à la poitrine des figurants. Induisant ici
une intensité presque dramatique, une sorte d'anxiété,
de difficulté, le mouvement provoque un état trouble
qui contraste avec la neutralité des visages. Vision sur
l'instabilité, sur l'insécurité de la jeune
génération? Questionnement sur l'identité
individuelle et collective? Une chose est sûre, Spin
renouvelle le concept du portrait.
Dans la vitrine de la galerie, Sleep 2 sonde, titille
le monde de la publicité. Faux casting d'une publicité
de sac de couchage, la vidéo met en scène le produit
ainsi qu'une quinzaine de personnages, attendant avant le tournage
ou jouant « l'action » de dormir. Réflexion sur
la production, la consommation et la médiatisation, l'absurdité
y est telle que les personnages, inactifs, produisent quand même.
En
plus d'y exposer ses oeuvres, Grandmaison, en résidence à
Séquence, réalise un projet d'édition. La livraison
de la publication aura lieu lors du vernissage du 13 février
prochain, où l'artiste offrira également une prestation
sonore.
Notes biographiques
PASCAL GRANDMAISON, artiste à la carrière florissante, vient tout juste de se mériter le prestigieux prix Pierre-Ayot, décerné par la Ville de Montréal pour la relève en arts visuels. Il a d'ailleurs été reconnu par le magazine Macleans comme l'un des 50 jeunes les plus prometteurs au Canada. Son travail de photographe et de vidéaste a été présenté à Montréal, Toronto, Vancouver, ainsi qu'en France, en Angleterre, en Italie et en Allemagne. Il est représenté par la galerie René Blouin.
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