©Denis Farley

Denis Farley

Paysages étallonnés

Du 25 août au 24 septembre 1999

Le travail de Denis Farley est intéressant à plusieurs niveaux. Dans ses travaux avec la caméra obscura, il y avait résolument une facture et un concept qui questionnaient l'historicité d'un système de représentation; la «forme» de regard que la photographie était habituée à nous donner; mais encore, l'attitude de l'opérateur sur la façon de nous faire voir par le truchement d'un intermédiaire «optique». Il y avait là une reconfiguration de l'apparaître photographique. J'avais essayé de prévisualiser comment son oeuvre évoluerait, et son approche avec Paysages étalonnés m'a surpris par sa cohérence. Le photographe se met en scène, s'autoportraitise à la dimension des choses qui se laissent voir sur le verre dépoli. L'étalonnage de la photographie se poursuit mais aussi celle de notre regard sur notre pouvoir de perception dans une structure technologique de plus en plus visualisante. Cet acte de mesure n'est-il pas sans nous rappeler, entre autres, certaines photos de la Walking Women Works de Michael Snow.

Gilles Sénéchal

«Cette série sur laquelle je travaille depuis environ trois ans s'articule autour de notions de calibration et de mesure, en relation avec l'échelle humaine. Les expériences que j'ai faites avec la caméra obscura m'ont amené à vivre intensément cette relation entre le point de vue de l'observateur et le sujet observé.

Je me suis longtemps imaginé faisant partie du paysage, j'y ai vu des personnages qui m'ont fait comprendre les dimensions relatives de ce qui nous entoure. Lors d'un voyage dans les Pyrénées en 1997, j'ai commencé mes expérimentations pour ce qui est devenu la série d'autoportraits, quelquefois assistés, qui confronte divers paysages urbains et rureaux à une simple présence standardisée.

Cet aspect standardisé s'exprime grâce à un costume à carreaux que j'ai conçu afin qu'il suggère à la fois l'échelle du géomètre ou une borne quelconque que l'on aperçoit au loin. D'une certaine manière, il s'agit de suggérer les actes de mesure de l'individu afin qu'il puisse mieux prendre conscience de ce qui l'entoure».(1)

Paysages étalonnés est présenté simultanément avec Séquence, oeuvres du peintre François-Marie Bertrand. Étonnamment, il y a comme dans l'exposition Du compagnonnage, un dialogue qui s'établit.

 

Notes biographiques

DENIS FARLEY vit et travaille à Montréal. Un ensemble de cette série a été présenté à VU. Aussi, conjointement, au Musée d'art contemporain de Montréal et au Musée de Rimouski dans l'exposition Du compagnonnage avec Nathalie Roy. Voir le catalogue publié pour la circonstance, également CV photo, #46 qui a publié une partie du corpus. Un excellent texte d'Elisabeth Recur l'accompagne. Enfin, en septembre 1999, sa présence sera remarquée dans le cadre de la prochaine édition du Mois de la photo à Montréal.

Notes
(1). Ce texte de Denis Farley a été diffusé par VU lors de la circulation et la présentation de Paysages étalonnés en avril 1999.