©Martin Dufrasne

 


Entrevue avec l'artiste


Diaporama

 

Martin Dufrasne

Mon Régime

18.02.05 > 04.03.05

Ici comme ailleurs, poursuivre une activité artistique c’est construire un récit. Dans Mon Régime, j’entreprends de récapituler cette histoire. À la fois pour observer ses lignes directrices et ses méandres mais aussi pour en mesurer la dimension. Par condensation, je soumets dix années de pratique artistique à une forme de synthèse. Je pose un regard rétrospectif critique sur ce continuum pour établir un bilan de santé et pour évaluer les ouvertures de son devenir. Mon Régime se soucie de proportion et pense au futur.

Mon Régime a pour parti de changer les formes, il compte réviser l'économie du travail et s'interroge sur la mesure de son intérêt.

Une mise à l’ordre peut-elle engendrer un Nouvel ordre des choses?

Un spectre hante ma pratique, le spectre de la consommation. Cette activité dévorante, qui vide, avale et épuise, menace chez-moi le concept de progrès, jusqu’ici moteur de ma pratique. Mon Régime réfléchit à l’usure, au rendement et à la vitesse. Pourrais-je m’alimenter encore longtemps à l’idée de la transformation? Mon Régime est à propos de nourriture et de carence. Je surveille dans le détail les composantes de mes motivations, intentions et aspirations. Mon Régime porte attention à ce qui est ingéré et me porte à penser aux règles, à la discipline, à l’obéissance et à la transgression. —Je surveille ma ligne— Mon Régime évalue l’apport et la dépense d’énergie. Après tout quelles sont ses retombées et sa portée?

Il suffit d’un soupçon de… pour légitimer un Régime.
Famine, pénurie, confiscation des espérances, ennui, volonté, motivation.

À quoi se mesure l’appétit?
La faim de l’Art.

Mais commençons au début… récapitulons.

Entendez ici une capitulation réitérée, face à la tentation de maintenir de l’ordre et de ne retenir que ce qui est continu, cohérent et affirmé. Dans cette histoire, il y a des abandons, des trahisons, des lâchetés et des oublis. Je cesse toute résistance et perds la tête, le temps d’un régime, pour mieux me révolutionner. C’est capital.

 

Notes biographiques

Martin Dufrasne
est né à Montréal en 1967, il poursuit une recherche artistique interdisciplinaire depuis près de dix années à Chicoutimi. C’est principalement par le biais de détournements et de dérives qu’il questionne les notions de valeur, de plasticité et d’engagement. Ses installations, manœuvres et performances ont été présentées tant au Québec qu’à l’étranger. Depuis 1998, il poursuit également en parallèle à sa pratique individuelle, un travail conjoint avec l’artiste Carl Bouchard. Ce corpus aborde pour sa part des sujets liés à des questions d’identité, de relation et de communauté.

L’artiste tient à remercier pour leur support Patrice Duchesne, Jean-Charles Claveau, Stéphane Gobeil, Carl Bouchard et le Conseil des arts et des lettres du Québec.