©Carol Dallaire
Carol Dallaire & Jun Zhang

La poésie possible des limites

Du 2 juin au 13 août 2000

Séquence présente du 2 juin au 13 août 2000, quelques fragments de l'ambitieux projet La poésie possible des limites de Carol Dallaire et Jun Zhang. Les artistes proposent un environnement poétique, aux points de vue multiples, composé d'estampes infographiques, de contes et de paysages sonores. Dans la première salle, I.L. et E.L., personnages créés par Dallaire, attendent le spectateur pour l'accompagner dans un périple un peu tordu intitulé Du danger des portes entrouvertes (souvenirs des vieux pays: notes de voyages).

Dans la deuxième salle, Jun Zhang offre au spectateur attentif ses contes et estampes infographiques regroupés sous le titre de Notes from the upside down world (notes du pays à l'envers). Elle propose également, sur une musique d'ameublement de Dallaire, ses contes récités en mandarin. Cet environnement sonore se présente comme un recueil de «moments de mémoires», de paysages sonores et de voix off, images du corps absent, racontant à travers de multiples fragments diverses métamorphoses. En arrière-plan, les musiques évoquent par leurs polyphonies et leur présence, des univers possibles.

Une grande oeuvre infographique intitulée Précis d'imprécisions: scènes de rue fait le lien entre les deux salles et met en images, dans l'éclatement du sens, la trame sonore du même nom.

Celle-ci, dans un premier temps, se présente comme un corpus d'études pour guitare et voix, ou est-ce l'inverse? Jun Zhang y récite, y murmure des textes composés par Carol Dallaire, accompagnant la guitare intuitive de ce dernier qui improvise en parallèle. Les textes, écrits en français, sont revisités par Jun Zhang avec des inflexions de voix tantôt chinoises... tantôt étranges. Les deux partenaires s'amusent ainsi à plonger tête première vers cet espace inconnu sans lequel la création deviendrait un art rigide et figé. Dans leur petit univers de cordes grattées, de boucles rythmiques, de guitares préparées, de voix traitées, mutantes presque par moment, ils jouent de ce qu'ils nomment «des distortions naturelles», créant de ce fait un dialogue abstrait et raisonné, construit à petits coups.

Par leurs intuitions et leur écoute mutuelle, les deux artistes s'unissent ainsi pour créer des moments de communications intimes difficiles à définir. Ils réagissent l'un envers l'autre, «sur le moment», un peu sans doute comme à une époque pas si lointaine les Impressionnistes peignaient «sur le motif» tentant de capter «ce quelque chose qui ne dure pas». Jun Zhang et Carol Dallaire veulent toucher le spectateur, l'atteindre, lui laisser un souvenir.