©Rosaura Guzman Clunes

Rosaura Guzman Clunes

Du 29 octobre au 29 novembre 1998

Rosaura Guzman Clunes présente plusieurs triptyques où chacune des photographies explore le rapport entre l'être humain et son environnement, en tenant compte des changements qui s'opèrent sur le corps et les structures sociales. La mise en relation de lieux et de personnages amène le spectateur dans un espace autobiographique à l'intérieur duquel l'artiste questionne l'histoire individuelle, familiale et collective, depuis sa propre naissance au Chili, en passant par son enfance en Hongrie, jusqu'à sa vie adulte au Québec. Cette réflexion sur la mémoire et l'identité témoigne d'une approche sensible conjuguée à des préoccupations plastiques rigoureuses.

Ces photographies témoignent plastiquement, en outre, par le décalage interne des images du processus même de la remémoration. Par ces plis, sous-tendant peut-être même des manques, des ratés, des trous noirs de la mémoire, se manifeste la nécessité de renouveler avec persistance l'effort de recollection, de rassemblement, d'assemblage des composés de la mémoire. Soulignant par là, également, à quel point ces composés sont moléculaires et combien est pertinent le processus de magnification employé par l'artiste.

Patrice Duhamel
octobre 1995

Notes biographiques

ROSAURA GUZMAN CLUNES est née au Chili, à 5 ans elle se retrouve en Hongrie pour des raisons visiblement politiques sous le régime communiste et, finalement, s'exile avec sa famille au Québec en 1980. Après une formation en beaux-Arts de l'Université de Concordia, son travail artistique est présenté dans divers lieux de diffusion de la photographie au Québec. Elle vit et travaille actuellement à Montréal.

Dans sa dernière série, l'artiste poursuit son travail dans la même voie. Elle recadre, cristallise et juxtapose des images et des photographies dans le but d'explorer les émotions reliées aux constructions des identités, féminine et masculine, parfois instables durant l'enfance. Avec cette oeuvre, elle représente trois instants de son enfance qu'elle recontextualise en les jumelant, dans un rapport analogique, à des images d'animaux directement tirées de l'imagerie populaire pour enfant.