©Marcel Blouin

©Steve Leroux

©Isabelle Hayeur

 

Marcel Blouin - Steve Leroux - Isabelle Hayeur

De la construction... des images

Du 1er novembre au 9 décembre 2001

L'image est là, dans l’attente d’un regard.
L'image se construit dès que le regard se pose sur elle.

Dans un premier temps, le sujet regardé, ce qui est vu, dans un second temps, le regardeur. C'est lui qui scrute, décortique, transpose, interprète, agit sur ce qui est vu, l'acte de voir étant directement influencé par sa perception.

Qu’il y ait ou non utilisation d’une technique et d’un médium, l'image se construit et cela est d'autant plus vrai, plus près de l'évidence avec la photographie, qu'elle soit analogique ou numérique. La photographie permet de choisir cette parcelle du réel que l'on désire montrer. La possibilité d'appréhender autrement la réalité est une des perspectives que nous offre la photographie. Avec l'analogique, nous avions et avons toujours l'idée de l'instantanéité, ce moment qui parfois, paraît plus vrai que le vrai ou encore, qui confère au sujet une aura qu'il n'avait pas auparavant. Le numérique offre la possibilité d'aller bien au-delà de cette fraction de temps imposée par le «ça a été», il permet de revenir sans cesse sur une même image, de déjouer ce premier état de la vision, de le modeler afin que le résultat corresponde à l’interprétation de l’opérateur.

De la construction… des images propose des moments et des lieux revisités par les photographes Isabelle Hayeur, Marcel Blouin et Steve Leroux. Ces lieux revisités deviennent des constructions hybrides, où les anciens et les nouveaux supports photographiques s’entremêlent pour mieux nous transporter vers cette frontière invisible logée dans la perception, où réalité et fiction sont constamment sollicitées. En fait, ces compositions qui à première vue paraissent bien anodines, appellent un regard attentionné car plus on s’y attarde, plus elles semblent se dérober… Est-ce bien vrai? Est-ce que ces moments ont vraiment existé? Avec les Parages obscurs de Leroux, Le Paradis des framboises de Blouin et Nature singulière d’Isabelle Hayeur, les choses sont maintenues dans un autre espace temps comme si ces lieux étaient d’une époque incertaine.